Claude Sautet

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Cet été, j’avais envie de partager avec vous mon carnet d’inspirations. Envie de vous parler d’auteurs, de sujets qui comme la sève, nourrissent mes influences et mon parcours créatif. Certains vous seront très probablement familiers mais pourquoi s’empêcher d’en (re)parler quand cela nous fait du bien ? L’été étant propice à la flânerie, je vous propose de me suivre dans cette escapade.


Pour commencer, un post consacré à Claude Sautet, ma première inspiration artistique, mon maître qui me suit depuis mes 15 ans. Claude Sautet, c’est plus que du cinéma pour moi. C’est du stylisme, de la décoration, de la sociologie, du questionnement.

Je ne me lasse pas de revoir ses films, j’en ai disséqué plus d’un à vrai dire. Souvent, je m’amuse à trouver de nouveaux éléments dans certaines séquences. Difficile pour ma part de me déterminer sur mon film préféré car ils sont tous bouleversants à mes yeux. Peut être, du moins au moment où je tape ce post, « César et Rosalie » puis « Vincent, François, Paul et les autres ».

Claude Sautet est un cinéaste post Nouvelle Vague, un jeune vieux, un vieux jeune. Admiratif de ce nouvel élan cinématographique, il a teinté ses films d’égo et de sentiments à l’image de cette jeune génération sans pour autant abandonner certains marqueurs du « cinéma de papa » comme l’autorité forte des figures masculines ou le milieu des affaires.

Claude Sautet est pour moi un homme ancré dans son temps. Il s’est attaché à dépeindre les changements dans la société dans laquelle il vivait tel un sociologue. Un homme de l’ancien monde très au fait des problématiques des jeunes générations et des challenges à venir dans la société.

Dans ses films, il aimait à filmer les échanges intergénérationnels entre des adultes en devenir et personnes établies dans la société. Chaque génération coexiste, se côtoie et se parle à l’image de « Mado », « Un mauvais fils », « François, Vincent, Paul et les autres », « Nelly et Mr Arnaud »… Ses personnages ne sont pas uniquement en quête d’amour, indifférents à la société et aux gens autour d’eux. Au contraire, ces derniers sont bien ancrés dans la vérité de l’époque.

L’humain avant tout

On a souvent dit de Claude Sautet qu’il avait passé sa vie à faire le même film en décrivant l’avènement de la société bourgeoise. Personnellement, je ne le crois pas. Il y a une certaine critique de la société libérale libertaire telle que l’entendait Michel Clouscard. Son regard sur cette bourgeoisie parisienne et provinciale semble davantage critique et satirique que bienveillante. À mon sens, Claude Sautet s’intéressait davantage à l’humanité et aux traits de caractère de ses personnages qu’à la description pure et simple de cette classe sociale. L’homme était vraisemblablement trop sensible et observateur pour se départir des sentiments de ses personnages. Il aimait avant tout filmer les sentiments et les multiples facettes de l’être humain, aussi bien rayonnant de bonheur que malmené par la vie. Son fil rouge c’est l’impossibilité à communiquer ses sentiments, thème distillé tout au long de sa filmographie.

Dépeindre son temps

Son cinéma est un miroir de l’époque, un instantané sépia qui illustre les préoccupations et le contexte historique de son temps et traduit les mouvements de la société : les années 60/70, la France pompidolienne, la fin des Trente Glorieuses et l’arrivée du chômage de masse (« Vincent, François, Paul et les autres »), la société de consommation (« Quelques jours avec moi »), les mouvements de libération de la femme, le divorce (« César et Rosalie », « Une histoire simple », « Nelly et Mr Arnaud »), le travail en usine (« Une histoire simple »), les journaux satiriques (« César et Rosalie »), la prostitution (« Mado », « Max et les ferrailleurs », « Quelques jours avec moi ») ou encore le milieu des ferrailleurs (« César et Rosalie », « Max et les ferrailleurs »).

Claude Sautet était un visionnaire. Il s’est attaché à filmer les maux de la société dans laquelle il vivait pressentant pour certains, leur longévité. Qu’il est triste de constater que certains thèmes sont terriblement actuels. Tour à tour ses personnages évoquent directement ou indirectement la solitude, l’individualisme naissant, le chômage, la flexibilité du travail, l’exode urbain, la rénovation urbaine et les difficultés liées, l’inflation, les accidents de la route, la drogue.

Tout n’est pas noir chez Claude Sautet. N’oublions pas que dans les années 70 réside une dichotomie saisissante entre la jovialité de Guy Lux et les premières victimes (personnes les plus fragiles) de la crise à venir. Ses films témoignent aussi de la frivolité et la joie présentent dans son époque : les grandes tablées mêlant vins rouges et plats traditionnaux, l’amitié, les résidences secondaires, la mode et le style 70’s, la fumée de cigares et cigarettes, sans oublier les incontournables scènes de café. On ne peut pas parler de Claude Sautet sans évoquer l’affection particulière qu’il avait pour les bistrots, des lieux de rencontres. Il en a même fait un film : « Garçon! ». Tous ses films comportent des scènes dans les cafés, le rendu semble tellement réel que l’on a du mal à croire que ce sont des scènes jouées dans des décors reconstitués pour l’occasion.

Passionné de musique

Claude Sautet était un perfectionniste, un artisan du film à l’image du luthier qu’il met en scène dans « Un coeur en hiver ». Les séquences de ses films sont ciselées comme une partition de musique pour aboutir à une oeuvre harmonieuse. J’ai su récemment qu’il minutait chaque plan lors de son processus d’écriture dans le but de rendre son scénario le plus fluide et parfait possible à ses yeux. Personnellement, je suis toujours saisie par la musicalité de ses longs métrages, que ce soit des brouhahas de comptoirs, des bruits de moteurs aux mélancoliques morceaux de pianos et la gravité des violons interprétant Ravel.

 

Une équipe et des acteurs fétiches

Jean Loup Dabadie et Jacques Fieschi aux dialogues et scénarios, Philippe Sarde pour la musique, Jean Boffety à la direction photo, Jean-Claude Sussfeld en assistant réalisation… Une équipe fidèle qui a accompagné le cinéaste tout au long de sa carrière.

De même, vous retrouverez souvent les mêmes acteurs dans la distribution de ses films qu’ils soient premiers ou seconds rôles : Romy Schneider, Michel Piccoli, Yves Montand,  Emmanuelle Béart, Daniel Auteuil, Umberto Orsini, Boby Lapointe, Marie Dubois, Yves Robert… Il est troublant de constater que les mêmes thèmes se déclinent souvent dans les films sans que l’on arrive à confondre ces derniers.

Les grands noms en devenir ont également joué dans ses films (Gérard Depardieu, Samy Frey, Patrick Deawaere, Jacques Villeret,…). Il a merveilleusement su valoriser leur jeu d’acteur.

C’était ça Claude Sautet : un homme délicat, aimant être dans l’ombre, observateurs de ses contemporains, capables de colères homériques, cherchant par tous moyens à filmer l’incapacité permanente qu’on les hommes à exprimer leurs sentiments.

 


Il est temps de m’arrêter, j’espère que ce premier billet d’inspiration vous aura plu et vous donnera envie de découvrir ou redécouvrir l’un de ses films.

Belle journée, Bel été,

Mélanie

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