CULTURE·SLOW LIFE

le Tour de France

Dansmabesace - Le tour de France.jpg

Dansmabesace - Le Tour de France - Jan Ullrich

Dansmabesace - Le Tour de France - Maillot Télékom

Dansmabesace - Le Tour de France - Coupure presse Zabel

Dansmabesace - le Tour de France - Equipe Telekom 97
Dansmabesace - le Tour de France - Notes classements

Dansmabesace - le Tour de France - Notes synthĂšse

On a tous une madeleine de Proust qui sommeille en nous. Une discrĂšte mĂ©lodie qui berce notre for intĂ©rieur. La mienne, c’est le Tour de France. Et j’en parle toujours avec mon coeur et mes yeux d’enfants. Un Ă©merveillement persistant malgrĂ© l’accumulation de scandales liĂ©s au dopage entrainant profondes dĂ©sillusions et amertumes.

En fait, je suis venue au Tour de France par hasard. Je me souviens de longues aprĂšs-midis Ă  attendre que l’Ă©tape se termine pour pouvoir aller au parc avec mes parents. J’avais 5, 6 ans. Et puis, un an plus tard, le cerveau ayant grandi et les facultĂ©s plus grandes, j’ai arrĂȘtĂ© d’attendre bĂȘtement. Nous Ă©tions en 1993 et le premier souvenir qui me vient Ă  l’esprit sont les attaques de Tony Rominger, le puissant coureur suisse, une flĂšche qui malgrĂ© tout, manquera de remporter le tour faute de tactique. N’est pas Indurain qui veut.

Je suis justement de la gĂ©nĂ©ration Indurain, Olano, Ullrich, Zabel, Virenque, Jalabert, Pantani, Julich, Armstrong…bien que ce dernier arrive Ă  la fin de mon admiration innocente. Dans le fond, mĂȘme si c’est facile de le dire maintenant, je n’ai jamais vraiment cru Ă  la belle histoire.

Il y a eu 1995, la fin de rĂšgne pour Indurain et les succĂšs de Jaja et Richard. Puis 1997, MON annĂ©e. Cette annĂ©e-lĂ , nous Ă©tions en pleine « Virenquemania » tandis que mon coeur battait pour l’allemand Jan Ullrich et son Ă©quipe la TĂ©lĂ©kom. L’allemand Ă©tait impĂ©rial sur son vĂ©lo; un champion Ă  l’allure statique qui ne se mettait jamais en danseuse et emmenait des braquets terriblement puissants Ă  faire pĂąlir les bidons rouges de Coca. Jamais je n’oublierai le contre-la-montre de St Étienne oĂč il dĂ©passe Virenque, parti 3 minutes avant lui ! EntourĂ© d’une Ă©quipe impressionnante, le train TĂ©lĂ©kom imprimait la cadence dans le peloton. Fort, jeune et courageux, il avait le tour devant lui. Hinault dira mĂȘme qu’il pourrait en gagner 5-7. Triste dĂ©sillusion…

Et puis dans cette Ă©quipe, il y a le berlinois Zabel, mon autre champion. Le maitre es sprint, le roi du maillot vert qui le remporta 6 fois dans sa carriĂšre. Record toujours Ă  battre.

Les voilĂ  mes hĂ©ros de jeunesse. La jeune fille d’alors se dĂ©plaçait en vĂ©lo pour le moindre trajet; tout Ă©tant prĂ©texte Ă  sortir la bicyclette. C’est touchant de relire ces notes Ă©crites avant, pendant et aprĂšs chaque Ă©tape. Les Ă©crits ont 20 ans et j’espĂšre pouvoir un jour les montrer Ă  ma fille.

Le Tour fait partie de nous.

Le Tour, c’est un monument français, une tradition, une institution.

Le Tour, c’est une « machine » Ă  rĂȘves qui donne de la joie Ă  tous ceux qui le regarde ou sont aux bords des routes.

Le Tour, c’est la caravane et les mains PMU, les spots Cochonou annonçant la pub, les panneaux Fiat sur la voiture du patron de la course. C’est Patrick ChĂȘne, Thierry Adam, Jean-RenĂ© Godard et les chroniques de Jean-Paul Ollivier alias Paulo la science. Le Tour, c’est GĂ©rard Holtz et le VĂ©lo Club.

Le Tour, c’est des roues lenticulaires, des Ă©chappĂ©s en « chasse patate », des sprints massifs Ă  Bordeaux, les 21 virages de l’Alpe-d’Huez, la foule dans les PyrĂ©nĂ©es et la profusion de drapeaux basques, des gens qui courent Ă  cĂŽtĂ© des coureurs agonisants pendant les terribles ascensions, des caravanes plantĂ©es sur le bas-cĂŽtĂ© depuis 1 semaine au Ventoux pour voir passer le cortĂšge. Le Tour, c’est le Galibier, le Tourmalet, la Croix de Fer, l’Aubisque, l’Izoard.

Le Tour, c’est des chutes, des descentes vertigineuses conduisant parfois au drame. Le Tour, c’est une pensĂ©e pour Fabio Casartelli et sa famille; le Portet-d’Aspet est Ă  jamais liĂ© au coureur italien.

Le Tour, c’est son cĂ©lĂšbre ardoisier qui dĂ©tient le sĂ©same pour les coureurs en tĂȘte, c’est des paysages Ă  couper le souffle, des vacances pour ceux qui n’ont pas la chance de partir, un compagnon pour les personnes esseulĂ©es en juillet, des jolies constructions de bottes de paille, les maillots jaune/vert/Ă  pois/ blanc et le dossard du combatif et puis c’est les pavĂ©s des Champs ElysĂ©es et la fameuse lanterne rouge.

Pour toutes ses raisons, on ne peut qu’aimer le Tour et respecter ces champions que sont les coureurs. Car mĂȘme si le peloton comporte des brebis Ă©garĂ©s, il faut en avoir du courage pour affronter 3 semaines de course sous la chaleur Ă©crasante comme sous la pluie; se jeter dans la fosse aux lions sprinters, monter des cols et les descendre puis repartir le lendemain vers de nouveaux paysages.

Vive le vélo. Vive le Tour.

 

* Maillot Deutsche TĂ©lĂ©kom annĂ©e 1997 dĂ©dicacĂ© par l’ensemble des coureurs et directeurs sportifs en 2001 lors du contre-la-montre de Saint-Amand-Montrond. Coupures presse Le Berry RĂ©publicain et la Nouvelle RĂ©publique de 1997 – Pub vintage Manufrance annĂ©es 50 – livres officiels du Tour *

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icÎne pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez Ă  l'aide de votre compte WordPress.com. DĂ©connexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez Ă  l'aide de votre compte Twitter. DĂ©connexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez Ă  l'aide de votre compte Facebook. DĂ©connexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez Ă  l'aide de votre compte Google+. DĂ©connexion / Changer )

Connexion Ă  %s